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Juin 4, 2013 - Renaissance    11 Comments

Les Pays du Nord

Détail d'un tableau de Van- EyckLes Pays du Nord

Après l’invention de la gravure, nous devons l’invention de la peinture à l’huile aux Flamands.Un article sur cette technique est également dans mon autre blog eveil-art-et-nature.com :bouquet de fleurs à l’huile

A cette époque, les ateliers fabriquaient leurs peintures et c’est à Jan Van Eyck(1390-1441) que l’on attribue cette découverte dont vous avez un détail d’une peinture ci contre.

 

 

Voici ce qu’écrit Jean Diwo dans le roman historique « Le temps où la Joconde parlait » : Cette conversation est entre le jeune Antonello de Messine parti à Bruges recueillir le secret de Van Eyck

«- Quand vous avez choisi votre bois, il faut qu’un bon menuisier vous le rabote et que votre planche soit lisse comme un marbre poli. Ensuite vous posez l’enduit, que vous cacherez par des couches successives de peinture, qui donnera à votre tableau cette luminosité qui fait la gloire de la peinture flamande…Il est constitué, en ce qui me concerne par une ou deux couches maigres de colle de peau de lapin et de craie en poudre et de deux couches grasses à base de blanc de plomb et d’un peu d’huile…Avant de toucher aux couleurs, je dois encore recouvrir ma planche d’une mince couche de mine de plomb qui empêchera l’apprêt d’en absorber une partie.

-Et cette luminosité dont vous parliez ?

-Voilà : la lumière, qu’elle soit solaire ou qu’elle vienne d’une chandelle, va traverser les couches de peinture, très fines et transparentes-encore une spécialité des flamands-, avant d’être réverbérer par la couche d’apprêt qui joue le rôle de miroir…

Ensuite, Antonello va gagner l’estime du maître afin que ce dernier lui révèle les secrets de la peinture à l’huile. Van Eyck a travaillé comme un alchimiste pour découvrir la fabrication de cette peinture qui va remplacer la peinture à la détrempe. La résine liquide qui coule de certains conifères donnera l’essence de térébenthine grâce à la distillation. Le jeune Sicilien apprit à distiller la résine, à alléger avec l’essence obtenue l’huile cuite au juste degré, à saupoudrer mélange d’os calciné et de verre pilé et ensuite d’introduire le pigment. Le maître lui montra encore avec patience comment on obtenait sur le panneau des nuances transparentes et lumineuses en superposant les couches de couleurs diluées.

Comme vous le voyez, c’est un véritable travail d’alchimiste! Et sachez qu’à l’époque, les apprentis devaient faire preuve de patience pour connaître les secrets des maîtres. Ils se déplaçaient beaucoup également et les échanges se faisaient grâce à ces voyages!

Van Eyck dépasse la tradition médiévale pour une peinture néerlandaise de la Renaissance et met l’accent sur la nature. Il s’intéresse aux choses de la création et observe le monde extérieur.

Après lui, Jan Gossaert dit MabuseJan Gosseart dit Mabuse (1478-1535?)représente St Luc peintre de son métier faisant le portrait de la Vierge à l’enfant dans la tradition hollandaise mais le cadre montre ses connaissances de l’art italien.

Pour rappel, les nouveautés italiennes sont au nombre de trois: le traitement scientifique de la perspective, la connaissance de l’anatomie et la représentation du corps humain dans toute sa beauté.

Saint Luc est choisi par beaucoup d’académies de peinture, à présent  et de guildes à cette époque.

Jérôme Bosh, mort en 1510 montre que la peinture peut mettre en place un monde imaginaire. Il a voulu illustrer la lutte du bien et du mal, thème très prisé  dans ces temps d’épidémies. L’esprit nouveau donnait à l’artiste la possibilité de représenter ce qu’il voyait mais cela ne l’empêchait pas de mettre des jambes très réalistes à un poisson.Bosch le jardin des délices

En Allemagne, Dürer, nous l’avons vu dans la gravure  peint également et tout le monde connait sa représentation admirable du lièvre. Sa vie nous est connue grâce à ses carnets de notes et croquis.

Mathias Grünewald,http://tetramorphe.blogspot.fr/2011/06/la-crucifixion-de-matthias-grunewald.html( son contemporain fait des retables de type traditionnel qui illustrent les textes pour engager les fidèles à méditer.grunewald-la-crucifixion1

Lucas Cranach (1470-1553) a été séduit  par le charme de la chaine Alpine et de ses forêts qu’il met en arrière plan.

Pour cette période je propose comme petit exercice qui pourrait être fait à l’huile, l’étude d’un animal, ici une pie. Mais comme ce blog s’adresse  particulièrement aux enseignants, je le propose à la gouache , une technique beaucoup plus utilisée dans les écoles .Cette étude se fera à l’aide d’un document photo, ce qui n’existait pas à l’époque qui concerne les artistes ci dessus. Ces derniers étudiaient grâce à des animaux empaillés. pie à la gouachedocument de pie