Tagged with " peinture à l’oeuf"
Fév 11, 2013 - Moyen âge, Renaissance    23 Comments

Les peintres primitifs niçois

Les peintres primitifs niçois

En 1388 Nice a conclu un accord avec le Comté de Savoie appelé  » la dédition de Nice à la Savoie ».

Chapelle St Sébastien  Clans

Chapelle St Sébastien Clans

Entre la mer et les montagnes, vont s’installer des échanges de sel, huile d’olive, vin et laine, toile et bois permettant la construction navale.

Sur les routes du sel parcourent les caravanes de mules. Des abris,  chapelles rurales accueillent les caravaniers et les villages étapes s’enrichissent grâce à ce trafic.

Ils construisent des églises richement décorées ainsi que des chapelles dédiées aux   saints protecteurs. Car à cette époque, les dangers, épidémies, brigands,catastrophes naturelles étaient prévenues grâce aux prières dédiées à ces protecteurs célestes, la religion étant très pratiquée.

 

Les commanditairesSts Bernard et Sébasrtien, Roure passaient des accords avec les artistes en précisant le thème, les couleurs (la quantité des pigments et leurs prix).

Les chapelles étaient peintes le plus souvent à la détrempe et la palette des peintres était assez restreinte: l’ocre jaune, l’ocre rouge et le gris bleu…

 

Certaines venues de régions éloignées comme le vermillon, l’orpiment couleur d’or et les bleus sont utilisés avec parcimonie car l’azur fin d’Allemagne est encore plus cher que le bleu outremer venu de Perse ou de Chine. Les retables sont peints sur bois et à l’œuf suivant la tradition de certaines icônes.

Miralhet

Peinture à l’œuf sur bois, Chapelle des Pénitents Noirs Nice

La grande richesse de cette région appelée à cette époque les nouvelles terres…dans le Moyen âge finissant est constituées d’oeuvres pariétales  ou sur panneaux. Giovanni Baleison, représentant du gothique international décore avec préciosité les chapelles à Venanson, à Lucéram, à Saorge, à Tende. Giovanni Canavésio influencé par les peintres germaniques qui travaillaient pour le ducs de Savoie est plus réaliste: la passion de Notre Dame des Fontaines à La Brigues. Miralhet peint un retable pour les Pénitents Noirs ainsi que Durandi  et les Bréa ; Antoine, François et Louis Bréa, le plus prestigieux.

Ludovic Bréa est né en 1450 de parents d’origines liguriennes.(La Ligurie est la bande autour de la mer Ligure au- delà des Alpes, Gênes en est la capitale). Ceux- ci étaient tonneliers et habitaient dans le vieux Nice. Il serait mort de la peste qui sévissait à Nice en 1522 ou 1523. Il était si connu, qu’ après lui, toutes les œuvres peintes sur bois s’appelaient des « Bréa ». Cela s’appelle une antonomase.

Retable de Ste Marguerite

Louis Bréa Lucéram

Nous ne pouvons pas étudier tous les primitifs niçois dans le cadre de ce blog c’est pourquoi nous allons nous intéresser à un village médiéval situé à 25 km de Nice sur une des routes du sel. Lucéram, protégé par une tour possède plusieurs retables qui furent démantelés. Dans l’église sainte Marguerite, une partie du retable, dédiée à la sainte protectrice des accouchements est placée sur le maître autel tandis que les bandes latérales sont visibles au Musée des Beaux Arts à Nice ainsi que la prédelle faite de six scènes narratives  de la vie de la bergère d’Antioche.

Au centre Marguerite  »hissant » du dragon (le monstre l’avait avalée et elle c’est miraculeusement délivrée du malin). De part et d’autre, les saints protecteurs sont représentés avec leurs attributs, par exemple: Marie Madeleine avec sa chevelure a dans sa main un  parfum, implorée pour les  moissons.Les figures latérales sont finement exécutées et surprennent par le rendu de la personnalité de chaque saint.

Musée des Beaux Arts de Nice

Musée des Beaux Arts de Nice

La prédelle raconte les étapes du martyr de la sainte comme une bande dessinée. Elle permettait d’enseigner les populations rurales qui ne savaient pas lire.

Si nous pouvions reconstituer l’ensemble, on pourrait admirer la composition mise en valeur par des éléments de décors de bois doré, et l’équilibre des couleurs dominantes, malheureusement, cette œuvre a été démantelée comme beaucoup d’autres.

 

Dans ce village, une chapelle est consacrée à la Madone est entièrement décorée de peintures par Baleison.

Lucéram

Peinture à la détrempe

Chapelle à Lucéram Notre Dame du bon coeur par Baleison.
Voici une proposition d’exercice: une licorne à la caséine.

Licorne à la caséine

Licorne à la caséine

 Le dessin d’un cheval est fait à la méthode du cerveau droit ou construit comme proposé dans l’article d’éveil art et nature: http://eveil-art-et-nature.com/comment-dessiner-un-cheval/

La corne est ensuite ajoutée, on pourrait également imaginer des ailes…

Le support est un carton et les pigments sont limités.

N’hésitez pas à laissez vos commentaires et propositions,

Nicole

Jan 8, 2013 - Renaissance    No Comments

Peintre à la Renaissance

Comment devient on peintre?

Au Moyen Âge, les artisans travaillaient en ateliers et circulaient selon les commandes.

 Les commanditaires déterminaient précisément le thème, l’histoire et la quantité des pigments à utiliser.
C’est ainsi que l’on a pu retrouver les auteurs de fresques et de peintures sur bois de l’époque.

La source principale d’inspiration fut l’histoire religieuse et les saints repris dans le livre de la légende dorée.

Ce dernier est un peu cher mais il existe aussi  en Ebook!

Les villes se développent à la Renaissance.

Les peintre reconnus pour leur talent s’y installent. Ils se groupent en guildes ou corporations. Les mécènes riches et puissants, aident les maîtres afin d’augmenter leur prestige. L’ artiste se fait aider d’apprentis qui effectuent les travaux de préparation des couleurs, du support, de l’entretien de l’atelier. Ceux ci apprennent par l’observation mais on est encore bien éloigné des écoles de beaux arts du XIXe siècle. Après quelques années, ils peuvent participer petit à petit à l’œuvre sous l’œil du maître. Finalement, certaines peintures sont collectives, et seul le maître décide de sa composition. Voici un exemple:Dans la vénus endormie de Giorgione, on retrouve certaines parties peintes par l’un de ses apprentis; Titiano Vecellio dit Titien.

A cette époque, les peintres préparaient eux même leurs couleurs.

Ils n’achetaient pas des préparations toutes faites. Ils extrayaient les matières colorantes de plantes, des animaux ou de minéraux qu’il écrasaient dans un mortier.

Le blog de mon collègue nous en apprend beaucoup sur le sujet:

Ils mélangeaient ces pigments à des préparations à bases d ’œuf ou de lait (caséine). Vous pouvez aller voir les exercices proposés dans éveil art et nature.com pour l ’œuf et pour la caséine , en cliquant sur ces deux liens. Ces techniques utilisées depuis longtemps avaient l’inconvénient de sécher rapidement .

C’est alors que Jean van Eyck, dans les Pays-Bas,qui correspond à la Belgique actuelle, devant le besoin de travailler plus lentement, imagina l’addition de l’huile.Les artistes circulaient beaucoup et l’usage de l‘huile se répandit. Et Bruges devint une capitale de la Renaissance du nord. Venise a vu naître également  une école de peintres. Peut être à cause de l’humidité constante qui y sévissait, ils firent de grandes toiles décoratives que l’on marouflaient sur le mur ou que l’on tendaient sur un châssis. Ce fut le départ de la peinture à ‘l’huile sur toile qui est toujours utilisée de nos jours.
Si au Moyen Âge, l’artisan peintre, dont la pratique est manuelle, n’est pas reconnu l’égal du poète,
cela change à la Renaissance. Nous l’apprenons grâce à l’un des premiers historien de l’art.
André Félicien qui nous rapporte plusieurs anecdotes. Certains romans en livres de poche peuvent vous conduire à cette époque! Je vous recommande celui ci, c’est un vrai régal!

 Pour cet article  voici un exemple d’une œuvre faites par les participants de plusieurs stages s étalant sur une année civile hors temps scolaires!

Visite de musée, de chapelles, exercices pratiques leurs apprenant la peinture à l’œuf et à la caséine, agrandir à la méthode  au carré…Ce projet a été initié par le Cercle Bréa qui promeut les primitifs Niçois. Le projet concernait plusieurs familles de différentes origines afin d’améliorer l’ insertion dans la ville.

C’est donc dans le cadre des locaux de l’association Trait d’union qu’a eu lieu cette initiation et voilà le résultat qui a été réalisé par tous les participants, seuls les visages ont été retouchés par moi même comme au temps des ateliers des époques anciennes Cette œuvre est faite sur bois à la caséine et au pigments.